GOUACHE (English text below the images)

 

Lors d’une récente visite d’atelier, l’artiste me précise : « Pour moi, comme dans l’art de Chu Ta le dépouillement et la simplicité ne sont pas dépourvus de subjectivité. Au contraire ! Chez lui, que ce soient un rocher ou des oiseaux qui se posent, tout est affect : joie, tristesse, vie, mort… Une simple fleur suggère des pensées philosophiques ou métaphysiques… C’est comme la Montagne Sainte Victoire de Cézanne ou dans ses aquarelles les plus épurées : chaque touche est essentielle – nécessaire – le paysage nous regarde, la montagne est vivante tel un autoportrait du peintre... C’est une manière métaphorique de capter - sans grandiloquence - ce qui est plus intense et plus durable que n’importe quelle vie individuelle. Comment peindre le vent dans les branches ? La beauté éphémère ? C’est tout l’enjeu de l’art zen qui, dans la dynamique vécue d’un trait d’encre ou d’un lavis, parvient à restituer la sensation du vent et faire advenir un temps hors du temps. Comment peindre l’état d’esprit du moine qui se promène dans un paysage ou qui le contemple ? Par la composition du vide et du plein, des tracés et des touches subjectives du pinceau qui, à travers la représentation des arbres ou des plis du vêtement du moine, parvient à créer une métaphore de l’euphorie ou de la nostalgie, de la plénitude ou de la vacuité que ce dernier ressent. ».

 

Extrait du texte de Pascal Amel publié dans la monographie de Najia Mehadji. Éditions Somogy, octobre 2014  

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GOUACHE

 

During a recent studio visit, the artist told me: “For me, like in the art of Chu Ta, stripping down and simplicity are not devoid of subjectivity. On the contrary! In his work, whether it’s a rock or birds coming into land, it’s all about pathos: joy, sadness, life and death... A simple flower can suggest philosophical or metaphysical thoughts… It’s like Cézanne’s Montagne Sainte Victoire or his simplest watercolours: each touch is essential – necessary – the landscape is looking at us, the mountain is living like a painter’s self-portrait... It is a metaphorical way of capturing what is more intense and more enduring than any individual life, without grandiloquence. How do you paint the wind in the branches? Fleeting beauty? This is the whole challenge of Zen art which, in the real dynamic of an ink line or a wash, manages to portray the sensation of the wind and bring about a time out of time. How do you paint the state of mind of the monk walking in the countryside or gazing upon it? By the composition of the empty and the full, of subjective lines and touches with the brush which, through the depiction of the trees and folds of the monk’s clothes, manage to create a metaphor of the euphoria or nostalgia, the plenitude or emptiness the monk is feeling.”

 

Extract from the text of Pascal Amel published in the monograph of Najia Mehadji. Editions Somogy, October 2014

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