PEINTURES AVANT 2005 / Paintings before 2005 (English text below the images)

 

Transition entre le milieu des années 1990 et 2000, les œuvres Souira, Cordoba, Chaosmos peintes au stick à l’huile jaune d’or sont d’une énergie puissante et créent un véritable lien entre matière et univers. Dans les œuvres de la dernière décennie, à partir de 2001 et jusqu’à aujourd’hui, elle entame sa période liée au végétal, à l’élément floral, aux arborescences, issue d’une longue observation de fleurs d’amandiers et de grenades. Le végétal intervient dans sa vie comme dans son œuvre, pour son flux vivifiant, qu’elle traduit par de longs traits jaillissant telle une sève de l’espace de la toile. Pris comme motif à part entière, le floral/végétal devient un « abstract floral », selon la définition de Christine Buci-Gluksmann. Elle aborde directement la toile brute avec un stick épais à l’huile, d’une seule couleur, spécialement fabriqué pour elle par des artisans de la couleur à Paris. Le trait plein est directement tracé sur la toile, sans dessin ni contour. Au-delà de la performance technique, cette approche demande une grande concentration et ne tolère aucun débordement, ce qui explique la précision du trait dans presque toutes les œuvres datées de cette période. L’œuvre se regarde comme un tout où le plein est aussi important que le vide. Ainsi, les interstices non peints entre les traits, deviennent espace, champ visuel à part entière et finalement espace de méditation duquel jaillit la lumière : « Entre la transparence et l’opacité blanche, il existe un nombre infini de degrés de troubles. » (Goethe). Ils peuvent aussi se voir comme des moucharabiehs, métaphore de la beauté céleste sublimée sur terre.

 

Extrait du texte de Ghitha Triki Chraïbi, publié dans la monographie de Najia Mehadji. Éditions Art Point, novembre 2012.

 

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Paintings before 2005

 

In a transition between the mid-90s and 2000, the Souira, Cordoba, and Chaosmos works painted with golden yellow oil stick have a powerful energy and create a real link between matter and universe. In the works of the last decade, from 2001 until today, she starts her period linked to the plant world, the floral element and arborescences, the result of a long observation of almond and pomegranate blossom. The plant world plays a role in her life and in her works for its live-giving flow, which she portrays with long lines pouring like sap from the space of the canvas. Taken as a separate motif, the floral plant element becomes a “floral abstract”, according to Christine Buci-Gluksmann’s definition. She works directly on the raw canvas using a thick oil stick, in one single colour, specially made for her by colour craftsmen in Paris. The solid line is directly drawn on the canvas, with no design or contour. Aside from technical performance, this approach requires a great deal of concentration where no overflow is allowed, which explains the precision of the line in nearly all the works dated from this period. The work is looked at as a whole where the painted part is as important as the blank. Thus, the unpainted interstices between the lines become a space, a separate visual field and, finally, a space for meditation from which light springs: “Between transparency and white opaqueness, there exists an infinite number of degrees of indistinctness.”(Goethe). They can also be seen as Mashrabiyas, a metaphor of celestial beauty sublimated on earth.

 

Extract from the text of Ghita Triki Chraïbi published in the monograph of Najia Mehadji. Editions Art Point. November 2012

 

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