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VANITÉS

 

Soudain, dans telle fleur au noir, le coeur est une vague qui se retourne en plissé. Et dans telle autre la vague se redouble comme un noeud de ruban. On a alors la nette impression que ces pivoines du noir sont déjà les fleurs du pli. Un pli qui s’émancipe peu à peu, un pli inflexion, un pli opération infinie à la Deleuze. Un pli informel qui se métamorphose en une idéalité inflexueuse, où la texture florale se meut en véritable vortex de lumière, enveloppant toutes choses de sa peau. Et je comprends alors que la traversée du noir et l’invention du turquoise ne seraient en fait que « la ligne d’ombre » d’une oeuvre où les fleurs s’arrachent au chaos pour retrouver notre monde, désormais habité de tous les Goya. Si bien qu’hybridées, instables et saisies dans leur présence instantanée, ces fleurs noires rejoignent les fleurs virtuelles du désastre en une même tension. Manet, qui aimait particulièrement Goya et les pivoines, pensait qu’« un peintre peut tout dire avec des fruits et des fleurs ou des nuages seulement ».

 

Extrait du texte de Christine Buci-Glucksmann pour la monographie de Najia Mehadji. Éditions Art Point. Novembre 2012

 

DIAPORAMA

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